Résister à l’arrêt longue durée

Un arrêt longue durée, souvent c’est une bénédiction au coeur du chaos. On peut enfin prendre soin de soi et de son endométriose. On peut se reposer, rester allongée toute la journée et reprendre des forces. Oui, mais… D’abord, il faut arrêter de culpabiliser. Culpabiliser d’être malade, de lâcher ses collègues et ses missions, potentiellement même d’abandonner sa maison si on a plus la force de ranger… Ça peut prendre quelques jours jusqu’à ce qu’on se dise enfin : j’ai le droit d’être malade.

Et là, il faut lutter contre un deuxième danger ravageur : l’isolement et la dépression. Parce que, clairement, ce n’est pas facile de n’avoir rien à faire. De n’avoir soudainement aucun but précis, ni aucun calendrier programmé. Pour éviter de sombrer, il faut se créer un programme. Un agenda de malade en arrêt, certes, mais un agenda quand même. Avec une petite tâche ménagère et une activité par jour. Et on y va progressivement. Par exemple, quand on est encore épuisée et/ou en crise, la tâche ménagère peut être simplement la vaisselle du jour. Et pour l’activité, deux épisodes de cette série qu’on a jamais le temps de regarder feront l’affaire.

Endometriose séries

Dès qu’on a repris un peu de forces, on passe un palier. Faire une lessive et faire une balade. Attention, pas une randonnée de deux heures en forêt (ou en montagne d’ailleurs). Juste mettre le bout de son nez dehors. Respirer un autre air, aller au parc d’à côté, s’asseoir sur un banc une demi-heure, observer un peu ce qui se passe autour de soi, profiter d’un rayon de soleil et rentrer. C’est très important pour le moral de voir autre chose que les quatre murs de son salon. Même si au début, c’est fatigant et qu’on se sent vacillant, on s’accroche. Quelques minutes par jour peuvent faire toute la différence.

Et dès qu’on a repris du poil de la bête, on passe à l’étape suivante. Ranger une pièce ou un coin de pièce si vous avez une maison immense et prendre un apéro avec un(e) ami(e). Il est évident que, durant les phases précédentes, on aura pris soin de maintenir le contact avec nos proches (de manière générale, mieux vaut éviter de passer quarante-huit heures sans parler à un être humain) mais là, il s’agit d’une sortie sociale. Passer une heure ou deux avec quelqu’un de confiance, une personne bienveillante, avec qui on pourra être soi-même et parler librement de tout et de rien. De la maladie bien sûr mais pas seulement. Quelqu’un qui va faire ressortir la personne qu’on est vraiment – avec ou sans arrêt.

Ce petit plan de bataille est évidemment aménageable avec toutes ces petites choses qu’on fait par plaisir (tricot, couture, lecture, dessin, fabrication de bijoux, etc.) et toutes ces petites choses que l’on a appris à aimer (méditation, yoga, Pilates, etc.). Mais l’important reste néanmoins de ne pas être prisonnière de son endo. De se battre pour rester ancrée dans le monde des vivants. Ce monde où l’on respire de l’air frais et où l’on parle à des gens.

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